D'avril 1915 à juillet 1916, durant la première guerre mondiale, entre 1 200 000 et 1 500 000 Arméniens ont été tués sur place ou sont morts au cours de leur déportation, soit les deux tiers de la population arménienne vivant dans l'empire ottoman.
Le gouvernement turc est responsable de ce crime collectif, aboutissement d'un plan concerté. La longue histoire d'un peuple dont l'autonomie et l'identité ont souvent été mises à mal.
Tout peut être résumé dans cette confidence de Talaat Pacha (ministre de l'intérieur) : "j'ai accompli plus pour la résolution du problème arménien en trois mois qu'Abdul Hamid ne l'a accompli en trente ans!"Ces massacres sont quasiment unanimement qualifiés de génocide.
Le génocide proprement dit commence le samedi 24 avril 1915 à Constantinople (Istanbul) par une rafle : Les Arméniens appartenant à l'élite intellectuelle sont arrêtés, et parmi eux, se trouvent des gens qui ont aidé les Jeunes Turcs à accéder au pouvoir. Ils seront exécutés sans jugement. Les hommes qui auraient pu organiser une résistance, l'intelligentsia arménienne, viennent d'être éliminés. Talaat Pacha (ministre de l'intérieur) envoie un télégramme codé aux cellules du parti des Jeunes Turcs :
"Le gouvernement a décidé de détruire tous les Arméniens résidant en Turquie. Il faut mettre fin à leur existence, aussi criminelles que soient les mesures à prendre. Il ne faut tenir compte ni de l'âge, ni du sexe. Les scrupules de conscience n'ont pas leur place ici."
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